samedi 22 novembre 2014

Couverture À quelques secondes près

"A quelques secondes près" de Harlan COBEN ... se laisse lire, sans plus. Il ne m'a pas ennuyé, mais il ne m'a pas passionné non plus. Une structure de récit assez conventionnelle, quelques bonnes questions sur la difficulté de décider quand il est bon de faire confiance et à qui; quand il est juste et bon de mentir et à quel prix... Questions existentielles chez les ados (pas toujours résolues, par ailleurs, chez les adultes. Mais à part cela, peu d'ampleur et de rebondissement dans l'histoire. Livre dont j'oublierai probablement assez vite le contenu.
Et donc, pour ma part, je ne suis demandeur de suite. Le club des cinq ou le clan des sept m'ont fait rêver d'aventures quand j'étais gamin ... mais je ne le suis plus. Je préfère des polars un peu plus consistants en intrigues et personnages.
Par honnêteté intellectuelle, je me donnerai encore l'occasion de découvrir l'un ou l'autre roman de cet auteur pour confirmer (ou infirmer) ma première impression... Mais je n'en ferai pas une priorité de lecture.

jeudi 20 novembre 2014

"Charlotte", de David FOENKINOS (Ed.: Gallimard, 2014)

Couverture Charlotte
La chevauchée tragique de la Mort qui pousse à vivre.
La Mort qui s’approche, s’accroche, fait peur, étouffe, éloigne, rapproche.
La Mort qui force Charlotte Salomon, juive allemande, à devenir sa vie, toute sa vie !
Charlotte n’a que 26 ans.
Elle est triste, artiste peintre, peu sûre d’elle-même, en recherche d’amour fondateur.
Elle parcourt une vie qui n’en est pas, qui n’est que survie.
Et qui va vers sa fin. Charlotte est en fuite, déracinée, seule, enceinte, gazée.
Mais elle est. Elle est là, sous la douche, enfermée par l’inhumain, au centre d’elle-même.
Elle a tout donné, tout écrit, tout transmis dans son œuvre.
Elle l’a confiée à son médecin. Il doit garder, protéger, transmettre son travail.
Elle sait, sent, réalise qu’elle va mourir.
Mais n’est-elle pas déjà morte si souvent ?
Tuée par les mensonges familiaux, par les silences qui n’en disent pas assez ou trop.
Tuée par les cris, les colères, les reproches qu’on lui jette à la figure.
Elle les comprend peu ou ne sait qu’en faire.
Tuée par l’ombre qu’elle doit devenir, par la négation d’un quelconque potentiel juif, par l’exil culturel forcé qui en découle.
Tuée par cet amour enfin trouvé qu’elle doit quitter pour le sauver. Espérer le sauver.
Tuée par la barbarie nazie, par le dérèglement d’un monde qui ne sait plus tourner.
Un monde qui n’arrive plus à se retourner, se recentrer sur l’humain qui pourtant en est la richesse première.
La Mort a-t-elle, une fois de plus gagné ?
Charlotte Salomon est là, dans ses toiles, ses écrits. C’est toute sa vie !
Et s’il y a vie… peut-on se risquer à dire que la Mort a perdu ?
On peut préjuger, chez l’auteur, une volonté, avant tout, d’écrire un « Prix littéraire », d’y inclure suffisamment de références culturelles et de se doter d’un style « hors du lot» pour recueillir des lauriers convoités… et assurer les ventes. On peut, doit-on ? A chacun de se faire sa propre opinion.
Il reste qu’on peut être surpris par l’écriture de FOEDNKINOS. On peut la trouver minimaliste ou la magnifier pour son sens de la concision. La disqualifier en tant qu’écriture romanesque, littéraire ou l’admettre comme l’expression d’un récit qui coupe le souffle, un récit qui, par pudeur, se garde de tenter de resituer ce qui se passe dans un ensemble qui, comme par enchantement, pourrait tout expliquer. Mais FOENKINOS n’explique pas la barbarie, Il ne disserte pas sur la souffrance. Il l’évoque, sensibilise le lecteur à cette succession de situations tragiques vécues par Charlotte.
On peut aussi, simplement, se laisser prendre par ce style assez proche des conteurs qui transmettent oralement l’Histoire à ne pas oublier. L’Histoire qui transpire dans les petites histoires qui font, et le plus souvent, défont la vie. Pourquoi une telle morbidité s’enracine-t-elle dans le cœur de certains au point de les pousser à se tuer ? Comment ceux qui les entourent peuvent-ils continuer à vivre avec cela ? Pourquoi certains racismes développent-ils cette puissance qui désigne, étiquette, liste, écarte, brime, pille et tue ?
La mort est au centre de ce récit. La quête de la vie, de la survie aussi ! Des questions fondamentales que le récit permet d’appréhender, sans donner de réponses, simplement permettre au lecteur de se dire qu’il serait grand temps de les construire.
« Charlotte », de David FOENKINOS, un livre que j’ai aimé, qui se lit facilement, qui peut nourrir la réflexion et que je recommande.

mercredi 19 novembre 2014

"L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" de Nicole Versaille

Nicole_Versailles

Au bonheur d’un trajet en train, je m’offre, comme je me l’étais promis le plaisir de lire ce livre dont le titre m’interpelle et me donne envie d’en savoir davantage. Qui est donc cet enfant à l’endroit, cet enfant à l’envers ? Est-ce le même, tantôt l’un, tantôt l’autre? Sont-ils deux ? Vais-je vivre la rencontre de l’un avec l’autre, la réconciliation peut-être ou, au moins la réunification de deux histoires, de deux vies, de deux entités, fussent-elles même dans un seul corps ? Je ne sais pas trop, je regarde la couverture, caresse des doigts la photo, jette un œil sur la quatrième et le regrette aussitôt. C’est une histoire de femmes, de trois femmes ! Et où est l’enfant là-dedans ? Moi, les histoires de femmes …
Néanmoins, chose promise, chose due, je décide de m’offrir ce moment de lecture, ce moment à moi, ce plaisir de rentrer dans une histoire qui, si le miroir n’est pas terni, sera aussi sans doute un peu mon histoire... J’ouvre, je lis, j’y suis. J’entre d’un seul pas dans ce livre de Nicole Versailles.
Non, je recommence. C’est l’histoire de l’envie de lire un livre dont j’entends parler depuis quelques temps. Je sais que c’est une histoire de femmes. Trois générations de filles, de femmes. Quel est alors le rapport avec le titre ? Je ne le sais pas encore. Ce que je comprends très vite c’est que la plus jeune, Elle, entre en dialogue avec sa Grand’Mère Eugénie. Elles ne se sont jamais connues mais est-ce là une raison valable pour ne pas s’adresser la parole ? A l’évidence, selon l’éducation reçue par l’auteure, un enfant ne devrait pourtant jamais parler à une inconnue ! Heureusement, Elle ne le sait pas trop ou n’en fait qu’à sa tête et transgresse.Elle parle à cette inconnue qu’elle ne connaît pas, qu’elle s’invente partiellement mais qu’elle rencontre certainement. Elle lui parle aussi pour se faire connaître d’elle … à moins que ce ne soit pour mieux se connaître, elle-même ? Qui sait ? Dès le début du livre, on le comprend vite : elles n’ont pas toujours eu la vie facile, ni l’enfant, ni l’aïeule … Mais la vie est-elle simple pour quelqu’un ?
J’ouvre, je lis, j’y suis … mais je n’entre pas vraiment d’un seul pas dans ce récit. Non, avec un peu de pudeur et beaucoup d’empathie, je reste sur le pas de la porte. Je ne voudrais pas déranger. Je profite seulement du plaisir qui m’est donné d’entendre une histoire qui me parle, me touche. Celle de Nicole Versailles ? Oui, sans doute, probablement ! Mais moi qui ne suis pas femme, je sens confusément que c’est aussi un peu la mienne. En creux ou en pleins, je me retrouve dans les traits de caractère de certains des personnages du livre. Je pense à mon père, ma mère, mes grands parents, à moi enfant, à moi parent et je sens qu’il y a des parallélismes à tirer entre leurs histoires et la mienne. Et c’est là le côté intéressant de ce livre, Nicole Versailles touche à l’universalité de l’enfant qui grandit aussi droit qu’il peut envers et contre tout ce qui, à première vue, pourrait le contraindre à rester courber. Ah ! Ces rôles figés, masculin ou féminin, ces silences sur l’histoire qui nous fonde, les racines de la famille, ces non-dits qui se disputent aux interdits … pour le bien de l’enfant ! Ces ravages causés par une éducation centrée sur l’enfant pensé adulte ! Elle n’est pas la seule à pouvoir se reconnaître dans les mots, les maux de Nicole Versailles !
Allez, je recommence …brièvement, une dernière fois. Et si l’enfant à l’endroit, l’enfant à l’envers n’était rien d’autre, mais était surtout, une saine relecture d’une vie d’adulte qui apprend à se penser à travers l’enfance, l’écriture d’une vie d’adulte qui se construit en pansant une enfance qui a dû relever le défi de ces rôles figés, ces silences sur l’histoire de la famille, ces non-dits qui se disputent aux interdits ? Et si, finalement, le livre nous invitait à comprendre la trame du drame qu’est parfois la vie … et le moyen de dédramatiser ? Et si ce livre nous confirmait que… se visiter, se relire, se relier à son passé, même troublant, aide à devenir adulte ? Alors ce livre mériterait d’avoir été écrit...
Il le mérite. Et il mérite d’être lu !


"La femme aux pieds nus"de Scholastique MUKASONGA

Couverture La Femme aux pieds nus
J’ai vraiment apprécié ce livre à messages emboîtés. « La femme aux pieds nus », de Scholastique MUKONSANGA (lu en Ed.: Folio, n°5382) nous ouvre d’abord à la réalité de la vie rurale et ancestrale des Tutsis avant que ne commence leur exil forcé, au sein de leur propre pays. On est confronté à des pratiques agraires, culinaires qui nous semblent « tellement dépassées » … mais que nous serions incapables de reproduire nous-mêmes. On y découvre des techniques de construction, de gestion des espaces sociaux et les conventions qui les régissent. On y découvre la valeur du pain, de la voisine, du labeur, du partage des tâches. Et puis, on plonge au cœur des relations familiales, des croyances, fondées ou pas qui aident à vivre et des rôles tenus par ces mères-courage que représente cette femme aux pieds nus.
À un deuxième niveau, on découvre combien les mouvements ethniques de déportation mettent à mal la stabilité de ces us et coutumes. Combien ce mode de vie est nié, écrasé, méprisé par les pouvoirs qui se mettent en place, parfois en connivence, pour chasser les Tutsis et les conduire à l’extermination génocidaire que l’on sait. Ce pouvoir, il est tenu par les blancs qui ne peuvent admettre que leur modèle de société n’est pas nécessairement adapté aux colonies, par les militaires qui règnent par les armes, la peur, les viols et les massacres qu’ils s’autorisent et dont ils se félicitent. Mais aussi, parfois, par la religion qui s’impose au lieu de se proposer et qui, tout en étant vecteur de modernité (pas nécessairement positive), allume les moteurs de la peur, de la culpabilité et le spectre du châtiment éternel.
Au-delà du documentaire et des questions qu’il pose sur les prises du pouvoir, ce livre ouvre le lecteur à une réflexion plus large sur la répétition de l’Histoire des peuples expulsés, déportés, meurtris et amputés de leurs racines. Malgré les « plus jamais ça ! » des après- guerres, il y a encore tant d’exactions dans notre monde. Un livre qui jamais n’appelle à la violence, à la vengeance mais qui rappelle qu’on doit prendre conscience, se souvenir, faire mémoire. Seul chemin d’accès à un avenir capable de pouvoir tendre une main vers l’autre, une main sans machette, sans gourdin, sans poignard, bombe ou roquette. Une vraie main humaine, désarmée, désarmante !

jeudi 13 novembre 2014

"L'incolore Tsukaru Tazaki et ses années de pélerinages" de Haruki MURAKAMI

Couverture L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

L'incolore Tzukuru Tazaki et ses année de pèlerinage, de l'écrivain japonais Haruki Murakami (Ed. Belfond, sept. 2014) nous livre une belle réflexion sur la durabilité de l'amitié adolescente, la quête de soi à laquelle, tôt ou tard, chaque adulte est confronté.La question lancinante de ce livre, à mes yeux, est de comprendre ce qui est à l'origine de nos vies, l'étiquetage des amis, le marquage extérieur ou nos natures profondes, nos moteurs internes.
Cinq amis lycéens se sentent unis comme les doigts de la main.L'appartenance au groupe et l'unicité de chacun s'enracinent dans ces surnoms qu'ils se sont donnés, qui leur collent au corps, au coeur, à l'âme. Mais voilà, quatre reçoivent un nom de couleur (Rouge, Bleu, Blanche ou Noire) tandis que le dernier, Tzukuru, se voit nommé "l'incolore"... N'est-ce pas une première fissure dans cette amitié fusionnelle? Et quand cet incolore est brutalement, et sans explication, exclu du groupe, la fêlure devient gouffre. Tzukuru ne peut que mourir à lui-même. Chargée de solitude, de mélancolie, sa vie se déroule sans être vraiment. C'est sa nouvelle amie Sara qui va le pousser à entamer un long pèlerinage vers son passé pour y renouer avec ses amis et se comprendre.
L'écriture est plaisante, quoique, parfois un peu digressive, nettement moins alimentée que dans d'autres oeuvres par le Fantastique auquel Murakami nous a habitué. Les thèmes de la fidélité, du pardon, de l'espoir et de l'amour soutiennent ce récit. A lire!

"Retourn à Little Wing"de Nickolas BUTLER

Couverture Retour a Little Wing

Retour à LittleWing, de Nickolas Butler (Ed. Autrement 2014) est un livre qui vous emporte dans le doux balancement du rocking chair, le coeur et les idées oscillant entre tendresse et nostalgie, entre fidélité aux autres ou à soi-même, entre rêves de jeunesse et réalité adulte. On se laisse prendre au jeu. On découvre et partage, tour à tour, la vie des quatre amis qui ont passé toute leur adolescence ensemble. Ils ont observé la rouille et la décrépitude qui se sont inexorablement posées sur leur ville, son réseau social et leurs envies. Et ils se sont dispersés. Il leur reste les souvenirs de ces nuits de veille ou ces petits matins où ils étaient maîtres du monde, perchés au sommet de ce silo à grain qui a centré leur ville et leurs vies d’adolescents. Là-haut, tout leur étaient permis ! Et ils n’ont qu’une envie, revenir à Little Wing.
Nickolas Butler signe ici un premier roman et on y croit. Ses personnages sont justes, vrais et les liens tissés entre eux, puis détricotés par le temps et ravaudés par leurs désirs de trentenaires sont adroitement dépeints.
Un livre qui parle de voyage, non pour fuir, mais pour rentrer à la maison. Un moment de plaisir !

"Un bon cru" de Peter MAYLE

Couverture Un bon cru

"Un bon cru", de Peter MAYLE (Points, 2006) est un bon petit livre de vacances. Dans la même verve que son ouvrage "Une année en Provence", l'auteur nous fait goûter aux plaisirs de la Provence et de son vin sans jamais se prendre au sérieux. 
Quelques pages que j'ai eu le plaisir de lire au frais, sous les arbres, à l'abri du soleil durant ce trop bref séjour où il m'a été donné de pouvoir me sentir en vacances.  Voilà le genre de livres, sans prétention, si ce n'est celle de détendre, qu'il est bon de prévoir dans ses bagages pour "un petit bout d'été à s'offrir"... Oui, je sais, il est peut-être encore vraiment très, très loin ce prochain été! Raison de plus pour se souvenir des bons moments passés quand, dans le passé, le temps nous a donné un petit peu de bon temps!
Dans la même veine, je peux recommander "Château l'Arnaque", également de Peter MAYLE (Ed.: Points n° P2638)

"D'autres vies que la mienne" de Emmanuel Carrère

Couverture D'autres vies que la mienne

« D’autres vies que la mienne » de Carrère Emmanuel (lu dans la version Folio, 2010) est un livre complexe. Un narrateur y conte au moins trois histoires qu’il mélange à souhait. Celle de la mort tragique d’un enfant, celle du chemin lucide d’une maman vers sa mort et celle du narrateur. La demande, puisque il est écrivain, lui a été faite de rendre compte des sentiments, partagés ou non, des questions, des doutes, des moments de bonheur ou de découragement vécus par ces familles touchées par le Drame. Et, comme toujours avec Carrère, l’auteur, qui nous donne l’envie de l’identifier au narrateur du récit, y met beaucoup de lui-même… ou semble jouer à paraître y mettre beaucoup de lui-même...
Ses doutes sur sa légitimité à écrire, sa compréhension profonde et juste de la situation, sa capacité à traduire ce que ses personnages vivent vraiment, le décalage entre ses propres valeurs et préoccupation par rapport à celles de ses héros … pour le narrateur-auteur, tout fait farine au bon moulin. Et on sait combien la plume de Carrère est souple, efficace, prompte à nous emmener dans son histoire qui devient très la nôtre. Car on se surprend très vite à élargir les propos de l’auteur et à y intégrer ce que nous-mêmes avons vécu ou ressenti en observant des proches qui vivaient des tragédies semblables.
Alors, oui, le livre est efficace. Le livre est puissant. Et j’ai aimé, j’ai eu du plaisir et de l’émotion à le lire… même si les ficelles et mécanismes d’auteur y sont un peu trop visibles. A lire, tout de même !

"Un jour, je m'en irai sans avoir tout dit" de Jean d'ORMESSON

Couverture Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit

« Un jour je m’en irai sans avoir tout dit », de Jean d’ORMESSON (Ed. Pocket, 2014) nous rappelle que des lieux communs contradictoires ré-articulés sont, plus que probablement des vérités. « Quand tout passe » et « Rien ne bouge », un amour perdu et retrouvé « change tout » !
265 pages organisées en 26 chapitres où il est question de ‘Narcisse’ vivant sa vie dans un milieu où il ne fait jamais ni froid, ni trop chaud ; où on mange plus que bien sans jamais devoir se préoccuper ni de l’argent, ni de ce que sera demain. Une vie entière « au plaisir de Dieu »
Puis le récit d’un temps passé où ‘Narcisse’ ayant beaucoup mais mal aimé Marie durant son adolescence la voit l’abandonner parce qu’elle en a choisi un autre.
Et le corps de la première partie où ‘Narcisse’ se morfond de cet abandon et perd tout goût de vivre si ce n’est celui de développer sa capacité à ne rien faire … et donc à lire, à tout lire !
Enfin le jour où ‘Narcisse’ retrouve son amour perdu, ce qui change tout et où il se met enfin à écrire…
À l’aide d’une multitude de références littéraires (comme s’il devait nous prouver sa culture), ‘Narcisse’ retrace l’évolution du monde, celle de la littérature et son passage à l’acte, l’écriture. Avec beaucoup de cabotinage, il s’interroge sur sa capacité à produire, si non un chef d’œuvre, au moins un bon livre…
Et, tout au long de cette seconde partie où il est question du beau, du juste, du soleil à préférer à la pluie, du choix du bonheur plutôt que de la tristesse, de l’envie d’être plutôt que celle de ne pas exister… ‘Narcisse’ nous rappelle que le moteur de toute bonne chose est l’amour et qu’il nous faut savoir le regarder, l’apprivoiser et faire nôtre cette envie de le ressentir.
Enfin, où il est question du combat entre la Science et Dieu et où ‘Narcisse’ sans trop pouvoir croire serait plutôt tenté de laisser sa chance à Dieu…
Mais là, ‘Narcisse d’Ormesson’… (Oups, je me trompe depuis le début … ce n’est pas ‘Narcisse’, c’est Jean !!!! Désolé !!!!) Car, bien entendu, c’est de lui-même que l’auteur parle et il est sûr qu’il aime ça. Il s’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup… beaucoup trop, peut-être!
À lire ? Peut-être, probablement… Mais si les 265 pages ne laissaient pas la place aussi belle à cette avalanche de références littéraires qui, sans doute, feront un jour la joie d’un universitaire assez en mal de thèse pour pouvoir s’attaquer au nombrilisme d’Ormessonnien…, je suis sûr que le coût de l’édition du réel contenu de ce livre (il en vaut la peine, lui!) ne reviendrait pas au 8,50€ qui est le prix consenti pour cette édition Pocket !

"Meurtriers sans visage + Les chiens de Riga" de Henning MANKELL

Couverture Meurtriers sans visage, Les chiens de Riga

« Meurtriers sans visage », suivi de « Les chiens de Riga » de Henning MANKELL (Points, 2014) sont les deux premières enquêtes de l’inspecteur Wallander. Il fait froid en Scanie. Mais ce n’est pas le froid du thermomètre qui glace le cœur de l’inspecteur, c’est la cruauté avec laquelle on a écrabouillé le visage de ce vieux paysan et strangulé son épouse à l’aide d’un fil de fer. Pourquoi tant de violence, pourquoi cette cruauté qui révèle un monde déshumanisé ? Avec obstination, Kurt Wallander va remonter le courant de l’histoire pour comprendre…
À première lecture, les romans policiers de Mankell semblent d’une écriture froide, lente et profondément noire. L’esquisse qui apparaît au premier abord, c’est un héros, meneur d’enquêtes, bourru, aux prises avec mille tracasseries dans sa vie intérieure, un ménage qui n’a pas tenu, un père qui se néglige parce qu’il se dit négligé, une fille à la vie complexe, distante et, ce qui n’aide en rien le héros à surnager, une sacrée propension à boire et à ne pas réussir à se doter d’une hygiène de vie un peu stable. Mais au-delà, il y a un homme, un vrai, un être complexe qui, pas à pas, lutte pour que Justice retrouve et confonde les auteurs de ces crimes inhumains.
Alors, dans la noirceur du récit, dans celle de sa vie, on voit poindre chez le héros une raison d’être, une complicité créée avec ses collaborateurs, une volonté partagée de ne pas accepter la situation, de résister, de se dresser et de vivre debout !
Dans ses romans policiers comme dans ses romans qui, par ailleurs, parlent admirablement de l’Afrique, Henning MANKELL dénonce les faiblesses de notre société et peut raviver notre soif d’un peu plus d’humanité dans les relations entre les personnes. Au-delà de l’enquête qui tient en haleine, il y a un espace pour notre propre réflexion sur le monde… Des polars, certes ! Mais à ne pas rejeter pour autant !

"De sang royal" de Pieter ASPE

Couverture De sang royal
Une fois de plus, j’apprécie de lire un Pieter ASPE (cette fois, De sang Royal Ed. : Le livre de poche, 2010). Cet auteur belge est parfois qualifié de Simenon du nord et cela ne me dérange nullement ! En effet, ses romans policiers sont ancrés dans sa terre natale, la région brugeoise et il nous y dépeint des portrait de gens assez ordinaires, dans lesquels on peut se retrouver … si ce n’est que parmi eux se cachent un ou plusieurs coupables à identifier et à confondre. Cette fois, son récit, tout en me rappelant Brugge et ses environs, exploite, librement, un thème dont la presse a fait ses choux gras, la vie privée d’un roi doit-elle rester privée à tout prix ? Mais qui compte, ce n’est pas tant l’histoire, finalement anecdotique par rapport à l’Histoire. C’est la forme de l’écriture de Pieter ASPE que j’aime.
Je sais, le roman policier, cet art parfois jugé mineur au point de ne s’appeler que Polar, est souvent décrié… Pourtant, il nous offre de tuer agréablement le temps… Et pourquoi snober un tel plaisir ? On a tous regretté, un jour ou l’autre, d’avoir oublié de prévoir une lecture de ce genre pour occuper le temps d’attente qui s’éternise lors d’un rendez-vous médical, d’un trajet dans les transports en commun soumis aux aléas des mouvements d’humeur de nos cheminots ou d’une soirée pluvieuse qu’il nous faut passer dans un bled perdu où la lecture est la seule distraction envisageable.
Alors, moi, entre deux livres un peu plus conséquents, un peu plus nourriciers sans doute, je ne boude pas ce temps de relâchement cérébral, ce temps où je peux lire une histoire pour simplement l’histoire.
Pieter ASPE développe une écriture fidèle aux récits antérieurs, légère, teintée d’humour et de références culturelles. Il fait preuve d’une grande capacité à styliser les caractères de ses personnages. J’ai donc le plaisir de retrouver et de voir évoluer ses héros, ces vieilles connaissances que sont le commissaire Van In, la juge d’instruction Hannelore et le brigadier Versatel qui partagent entre eux un humour traduisant leur complicité et leur mutuelle compréhension. Tous, à la fois suffisamment humains pour être crédibles et suffisamment déjantés pour être personnages de roman.
Une lecture, qui fait du bien, tout simplement !

Je vais bien, ne t'en fais pas. de Olivier ADAM

Couverture Je vais bien, ne t'en fais pas

Ayant envie de lire « Peine perdue », j’ai décidé, au préalable, de découvrir son auteur, Olivier ADAM, par la lecture de son premier roman, « Je vais bien, ne t’en fais pas » (Ed. : Le Dilettante, 2000, paru depuis chez Pocket, 11109). Je n’ai pas aimé. L’écriture s’apparente à celle d’un script de cinéma. Des phrases courtes, le plus souvent dans une structure grammaticale basique, la juxtaposition de plans à prendre … et à laisser aussitôt, une histoire qui s’écrit en 57 chapitres qui ne sont tout au plus que des scènes, la plupart ne faisant pas plus d’une page. De plus, ce récit découpé à l’extrême se permet la répétition des scènes ‘Chaplinesques’ à la caisse du Shopi … Oui, on a compris! Le boulot de caissière est répétitif et les papotages au ras des pâquerettes entre caissières sont de nécessité publique si on veut éviter l’explosion de Burn out dans cette catégorie de travailleurs. Je tâcherai de m’en souvenir lors de ma prochaine montée d’impatience à la caisse d’un super marché ! Qu’on me comprenne bien, dans la vie, j’ai beaucoup de respect pour ces travailleuses. J’avoue en avoir moins pour l’abus d’artifice d’écriture qu’utilise l’auteur en matière de répétitions.
Bref, je croyais découvrir un livre, je n’ai visionné qu’un film. Aucun espace de résonance, pas de place au lecteur pour entrer dans une complexité de la vie, des personnages, de leurs quêtes. On a, paraît-il, tiré un film de ce roman, cela me semble évident. L’adaptation n’a pas été trop compliquée, à mon avis ! Mais de roman, il n’y en a pas… Dommage !
Néanmoins, fidèle à moi-même, refusant de condamner sur une impression, je m’en vais lire (lire plutôt que voir, j’espère) la deuxième partie de ce diptyque « À l’ouest » avant d’aborder le livre qui me fait envie, « Peine perdue ». A suivre.
NB.: Je n'ai pas vu le film avant de lire ce livre ... cela me paraît d'ailleurs inutile après!

Notre-Dame du Nil de Scholastique MUKASONGA

Couverture Notre-Dame du Nil

Pour ma part, j’ai aimé ce récit qui replace, dans un contexte inspiré, les prémices d’une actualité qui, allait alimenter les journaux télévisés plus que ma réflexion personnelle. Semblant lointaine et sans contact direct avec ma petite vie tranquille d’intellectuel (théoriquement) ouvert sur le Monde, cette info m’avait semblé, à l'époque, bonne à capter … et à classer, au plus vite, pour mémoire dans les cartons d’une politique qui m’était étrangère… Jusqu’au jour où j’ai été brutalement confronté à cette réalité. Une élève, jeune rwandaise, expulsée du cours par un professeur ne supportant plus son manque d’investissement dans le travail, débarque dans mon bureau de direction et me dit qu’elle sait qu’elle est en tort. « Mais, je pense tout le temps à ça ! », me dit-elle… et elle me raconte son vécu, les viols de sa maman, de ses sœurs, et le sien… La fuite, la survie, l’arrivée en terre étrangère bien plus qu’en terre d’asile où, de surcroît, la guerre clanique perdure. Brusquement, cette discrimination ethnique venait de prendre du sens!
Dans ce livre Notre-Dame du Nil de Scholastique MUKASONGA (Ed. : Folio, 2014 ; première édition chez Gallimard, en 2012 et Prix Renaudot), j’ai retrouvé cette envie, cette nécessité de faire mémoire. Faire revivre en nous, pour les interroger, ces mécanismes qui, s’appuyant sur des pseudos-valeurs d’une classe dominante, stigmatisent la différence, transforment l’altérité en objet de combat, valident la puissance de l’un, la négation et la mise à mort de l’autre. Ce livre, presque un huis clos, raconte la vie d’une école pour jeunes filles rwandaises, élites du peuple… Dans un microcosme, perdues en altitude et semblant complètement retirées du monde, ces filles vont vivre toutes les turpitudes qui fomentent le quotidien d’une société gangrènée par la soif de pouvoir, le déni de l’autre, les basses compromissions et les étouffements de la conscience. Tout y est dit, dans la simplicité presque anodine du seul récit, appris, formaté par l’opinion dominante, que peut faire une jeune fille marquée du sceau de la couleur de sa peau, de son ethnie non dominante et de son statut (qui n’en est même pas un) de femme.
Dans un tel Monde, bien loin d’être révolu, tout est permis à qui prend l’ascendant sur les autres puisque la femme n’est que femme, la noire n’est que noire et le blanc n’est que bon puisque blanc. Missionnaire ou religieuse, politique ou financier, tous drapés dans une dignité apparente qui ne permet aucune remise en cause du bien-fondé de leur agir. Ce que met en évidence MUKASONGA, c’est que cette affirmation d’une supériorité raciale, ethnique, nous l’avons entendue plus d’une fois. On a laissé dire. On a peu, trop peu, combattu. Et ces mêmes idées, on les retrouve encore un peu partout dans le monde, dans les sociétés où le moteur premier est la rivalité plutôt que la coexistence, à défaut de coopération.
Dans toute institutions regroupant des adolescents, il y a un côté « guerre des boutons », affirmation de la bande, recherche de pouvoir du chef, brimades, moqueries et jugements manquant d’empathie… Mais quand le fonds de commerce de ces « enfants pas encore adultes » est la force de l’exemple venu d’en haut et le silence de l’autorité qui couvre la barbarie, les dérapages et la perte de toute raison, on doit s’interroger. C’est ce que fait ce livre. Il nous invite à réviser nos regards faussés sur l’histoire. Allons-nous, cette fois encore, traiter l’actualité mondiale comme passagère ou allons-nous nous poser les vraies questions sur ces mécanismes de gauchissement de la vérité que nous mettons trop facilement en place pour ne pas être bousculés par ce Monde manquant d’humanité ? Notre-Dame du Nil, un récit à lire et réfléchir !

Loin des mosquées de Armel JOB

Couverture Loin des mosquées

"Loin des mosquées", de Armel JOB (Edition Pocket, 2012), est un livre qui porte admirablement son nom. Evren, jeune turc vivant en Belgique est tombé amoureux de sa cousine Derya. Selon les formes, une délégation familiale pour la demander en mariage se met donc en route pour l'Allemagne où vit la Derya de son coeur. Mais rien ne semble vouloir se passer sans heurt. Au coeur même des coutumes familiales, loin des mosquées et en absence de tout discours religieux, la déchirure est immense. Le poids des traditions semble bien plus fort que la reconnaissance de cette pulsion de vie qu'est l'Amour!
Peu banal, l'incident qui ouvre le récit est un accident de corbillard... Le ton est donné! Avec son écriture alerte, fluide, teintée d'humour et son regard chargé de tendresse, l'auteur nous fait entrer dans un univers qui n'est pas le nôtre, que nous connaissons mal et que, pourtant, nous jugeons et condamnons souvent. Avec humanité, Armel JOB nous conduit à une fin de récit toute aussi étonnante que le début.
Un vrai plaisir pour moi d'avoir lu ce livre! 

"Coup de pub" de Pieter ASPE

Couverture Coup de pub

Belge, et donc un peu chauvin, amoureux de Bruges et de sa région, je lis systématiquement tous les livres de Pieter ASPE, l'actuel "Simenon flamand"! Sauf que, dans "Coup de pub" (lu en édition Le livre de poche n° 33343), j'ai la nette impression que notre Pieter ASPE se renouvelle un peu moins que le grand Georges.
Cette fois, le commissaire Van In et sa compagne Hannelore, juge d’instruction, sont aux premières loges. Invités au Château de Torrens pour le mariage de l’année, ils n’ont même pas le temps de profiter du champagne et des mets prévus que déjà le marié se fait assassiner !
Comme toujours, Van In plongera dans la Duvel autant que dans les ennuis, se laissera guider par ses vieux fantasmes et ses démons sexuels mais, héros obligent, lui, Hannelore et le fidèle Versatel finiront, in extremis, par éclaircir la situation. Les bons auront gagné. Les méchants seront morts ou punis et Van In sera encore capable de réclamer sa Duvel, signe indéniable qu’il sera bientôt sur une nouvelle enquête !
Cela étant dit, l’écriture de Pieter ASPE reste pareille à elle-même. Plaisante à lire, sans prise de tête… mais, un peu sans surprise. J'avais encore aimé "De sang royal", mais à la lecture de ceklui-ci, je réalise un peu plus clairement que la fidélité de l’auteur au caractère de ses personnages peut être rassurante,  - on sait ce qu’on ouvre quand on se met à lire -  mais je regrette tout de même le peu d’évolution de ces héros ordinaires qui, au fil des ans, restent pareils à eux-mêmes et en deviennent donc un peu trop prévisibles.
Pour l’histoire qui se laisse lire, je donne 5/10 ; pour le manque de surprise, je donne 3. Moyenne, 4. Pas plus !
Un souhait ? Que, dans un prochain livre, Pieter ASPE se révèle capable de nous présenter d’autres « inter actions » que les vidange de Duvel ou les fantasmes sexuels du couple Van In - Hannelore … Car, à force de relire les quasi mêmes situations d’un livre à l’autre, je me surprends à passer des pages … ce qui n’est jamais que le début d’un processus qui aboutit à effacer un auteur de la liste de mes envies. Ce serait dommage !

mercredi 12 novembre 2014

"Une fille qui danse" de Julian BARNES (Ed.: Folio, n°5778)à

Couverture Une fille, qui danse

Ce roman, « Une fille qui danse » de Julian BARNES (Folio n°5778), c’est l’histoire de Tony qui n’arrête pas de se raconter des histoires sur son histoire… Sexagénaire, il a maintenant tout le temps de s’interroger sur la lointaine relation amoureuse (l’a-t-elle vraiment été) vécue avec cette fille qui, une fois, a dansé en sa présence.
Et tout le livre de tourner sur la question fondamentale de savoir si les souvenirs sont une réalité remémorée ou une invention du présent qui se recompose un passé. Plus on vieillit, plus les souvenirs sont lents à revenir…il faut donc au héros plus de 100 pages pour accoucher d’une entrée à peu près consistance dans cette histoire. Il en faudra encore autant pour déboucher sur une information de la plus haute importance … qui change tout !
Sauf que, quand il n’y a rien, pas ou si peu d’histoire, changer tout revient à rester à peu près au même ! Ce roman fait la part belle à ce que peut penser un esprit raisonnant à propos de ce qu’il pense que les autres pensent qu’il pense et qui se met à penser aussi pour eux…
Vous me suivez ? Alors vous êtes prêts à lire ce livre. Vous ne comprenez pas grand-chose ? Ne vous tracassez pas, vous voilà déjà très près du héros à qui la fille qui danse répète plusieurs fois dans le livre (et il est d’accord !) qu’il ne pige rien, n’a jamais rien pigé et ne pigera jamais rien !
Alors, si le cœur vous en dit, bonne lecture… Pour ma part, j’ai déjà presqu’oublié l’histoire. Peut-être que je la recomposerai dans ma tête d’ici quelques années… Allez savoir !
Couverture La Pierre au coeur

"La Pierre au coeur" et le tome 2, "Les chemins du devoir" (Ed; Murmure des soirs, 2013 & 2014) sortent de la plume de Paul De Ré. Cet auteur belge, habituellement catalogué écrivain du terroir, signe ici une histoire universelle dont le thème central est la quête d'identité à travers la recherche éperdue d'un père inconnu.
Célestin est jeune carrier en Ourthe-Amblève. A la maison comme à la carrière, la vie est dure, le climat rude et le confort absent. Son Père, il ne l'a jamais connu. Il vit donc avec sa mère, décidément bien taiseuse sur ce géniteur mystérieusement disparu. Célestin ne se contente plus de ce silence. Il va transgresser l'interdiction d'aller à Anthisnes, village, semble-t-il, de la famille paternelle. Après d'étranges découvertes dont un certificat de compagnon et un surnom aussi énigmatique que "Fidélité de Carpentras", Célestin quitte la maison, sa mère et se lance sur les routes mystérieuses des chemins du devoir à la quête de ce père et de la maîtrise de la Pierre. Celle-ci, personnalisée par l'auteur par le P majuscule du titre, il l'a dans la peau et dans le coeur! C'est pour elle qu'il veut vivre. C'est par elle et avec elle qu'il se découvrira!
En plus de la légitime recherche des origines, cette histoire sent bon le parcours initiatique des Compagnons, de la fidélité et l'entraide qui les animaient sur les routes. Un monde à (re)découvrir. J'ai aimé!

La Pierre au cœur
Éditions Murmure des soirs, 2013
ISBN 978-2-930657-14-1 – D/2013/12.689/15 – 20 x 15 br., couv. impr., bande-titre, 243 p.
La Pierre au cœur (les Chemins du Devoir, tome II).
Éditions Murmure des soirs, 2014
ISBN 978-2-930657-21-9 – D/2014/12.689/22 – 20×15 br., 366 p.

"Dans la gueule de la bête" de Armel JOB (Ed.: Robert Laffont, 2014)

Couverture Dans la gueule de la bête

J'ai beaucoup aimé "Dans la gueule de la bête", de Armel JOB, paru chez Robert Laffont (2014). L'histoire - tragiquement banale? - est celle d'un couple juif qui ont dû abandonner son commerce au coeur de Liège pour se cacher de l'ennemi. La vie est dure, dangereuse et le poids de l'absence de leur fille, recueillie comme orpheline par les Soeurs, est intolérable. Le couple doit vivre caché. Elle a été placée par le réseau de résistance comme servante chez un notable; lui, dans la mansarde d'une brave veuve, Madame Tout-le-Monde. Mais voilà, en cette période de guerre, de disette, de manque de tout ou quasi tout, il n'y a que peu d'opportunités... Dès lors, il n'y a plus beaucoup de M. et Me Tout-le-Monde... il y a les aidants et ceux qui dénoncent, cherchant profit dans les pas de la bête, du pouvoir nazi.
Ce roman, basé sur des faits réels est situé dans l'espace (Liège) et le temps ... mais n'est-ce pas le drame qui se vit encore un peu partout dans le monde aujourd'hui? Par idéologie, par opportunisme, par lâcheté ou par fidélité à leur passé chacun des protagoniste en terre de conflit n'est-il pas, souvent, ni complètement héros, ni total salaud...
On lit ce roman pour l'histoire, la petite histoire dans la grande; et au bout du récit, on s'interroge...
Et nous, qu'aurions-nous fait en temps de guerre?

"Le Complexe d’Eden Bellwether" de Benjamin WOOD (Ed.: Zulma, 2014)


Couverture Le Complexe d’Eden Bellwether

Ce premier roman de Benjamin Wood (Ed. : Zulma, 2014) est, à plus d’un titre, une plaisante découverte.
Vivant mal l’étroitesse de vue de ses parents, Oscar a pris ses distances au point de se sentir plus proche des vieux dont il s’occupe en maison de repos que de ce père, emmuré dans ses préoccupations matérielles, qui n’envisage la lecture que comme une perte de temps. Oscar a appris à donner du sens à ce qu’il fait. Son métier d’aide-soignant, loin d’être dégradant à ses yeux, il le vit avec la satisfaction d’offrir un service aux résidents et de recevoir en échange.
Mais ce fuyard de la vie familiale, par le hasard de quelques notes recueillies aux abords de la chapelle de King’s college, va entrer dans une famille aussi étrange qu’effrayante, aussi fusionnelle que déséquilibrée, aussi attrayante que distante. Où sont les apparences ? Où est la réalité ?
La seule certitude – et encore, en est-ce vraiment une ? – c’est son attirance et son amour pour Iris. À côté, mais incontournables, il y a le père, décideur de ce qui est bien ; la mère qui, quand elle pense, ne pense, semble-t-il, que comme son mari ; et puis, surtout, entouré d’un trio d’amis sur lesquels il semble avoir le contrôle total, il y a le frère de Iris, Eden, aussi brillant et imbu de sa personne que doué de pouvoirs ou complètement détraqué. Allez savoir ?
Dans ce monde semblant irréel d’une aristocratie anglaise qui ne connaît pas la valeur de l’argent parce que n’en n’ayant jamais éprouvé la nécessité, Oscar peut-il trouver une place ? Peut-il gagner le cœur d’Iris ou celui-ci sera-t-il à tout jamais sous l’emprise malsaine de la volonté de son frère Eden ? Et qui est vraiment cet Eden, musicien atypique, qui manipule les personnes sur fonds de musique baroque ?
Benjamin Wood, par son écriture structurée, légère, nous emmène dans une bien étrange histoire !
Même si la mécanique du roman n’est, en soi, pas tellement originale, on se prend à lire pour connaitre la suite, pour essayer de la deviner avant qu’elle n’advienne, pour enfin savoir si Oscar et Iris atteindront leur but… Mais, et c’est très bien ainsi, on lit aussi pour s’interroger. Quel sens peut avoir l’appartenance à une famille ? Quelle est la nature des liens qui s’y nouent, entraide ou entrave ? Et puis, se laissant toucher par les personnages faussement secondaires que sont les deux vieux, amis d’Oscar, on ne peut faire l’économie de se questionner sur le sens et la réalité de ce qu’est la vie à l’âge vieillissant et de ce qui peut encore fonder une folle espérance quand tout semble dire qu’il n’y a plus d’espoir.

"Les souvenirs" de David FOENKINOS

Couverture Les Souvenirs
C’est sûr, David FOENKINOS a développé une écriture légère, enlevée et fait preuve d’un humour de bon aloi. Parlant de la mort que le narrateur découvre, suite à ‘l’accident de savonnette’ dont a été victime son grand père, il dira: « Et maintenant, il est mort. … C’est donc ça, la mort. Quand les mouches se posent sur nous et qu’on ne peut plus les chasser. » Plus loin, toujours sur ce sujet qui, de prime abord ne porte pas à l’humour, il écrit : « La vie de Nietzsche s’est achevée une dizaine d’année avant sa mort. » Ou encore, « La vie de Lazare est connue grâce à sa mort qu’il a ratée. » Incontestablement, il a le sens de la formule. Ses raccourcis en disent long…
FOENKINOS est agréable à lire. Et je ne boude pas le plaisir que j’y ai pris.
Son livre « Les souvenirs » (Ed. : Folio, 2014) m’a entraîné dans une réflexion sur le devenir adulte. Doit-on, pour grandir, quitter ses rêves et les transformer en projets pour en permettre la réalisation ? Faut-il devenir raisonnable et rangé au risque de ne plus vivre le présent mais la seule maîtrise de son organisation ? Un bonheur moyen peut-il recevoir le label de bonheur ? Les rencontres doivent-elles être recherchées, fabriquées ? Se créent-elles à coups de volonté ou sont-elles les fruits du hasard ? Et de tels fruits sont-ils destinés à mûrir et à parfumer la vie ou ne peuvent-ils que pourrir et perdre toute saveur, toute raison, tout sens ?
La mécanique de ce regard réflexif et bienveillant sur la vie, l’amour, la mort fonctionne à merveille. On suit, avec tendresse, cet auteur et son livre qui, semble-t-il, ne s’écrira que dans sa vie, jamais sur du papier.
Malheureusement, - et je le regrette -, dans le dernier quart du livre, la mécanique convenue des symétries inversées prend le pouvoir. L’enfant devient adulte tandis que les parents redeviennent enfants, les amours se tordent, se trompent et s’égarent. Les couples se font, se défont, se refondent dans des schémas tristement normaux. Les vies privées de sens reprennent leurs places, le panache de l’écriture est nettement moins flamboyant… Dommage.
Mais la question demeure. Le narrateur s’est-il enfin retrouvé ? Va-t-il écrire ? 
A vous de le lire!

"La légende de nos pères" de Sorj CHALENDON


« La légende de nos pères » de Sorj CHALANDON (Ed. Grasset, 2009). J'ai été attiré par ce titre. Il s’accorde au contenu, en rend le son, la mélodie. Il parle de légende, de faits historiques transformés par l’imagination. Mais le mot légende peut aussi signifier le texte accompagnant un dessin (que j’aurais envie d’écrire dessein) pour lui donner du sens et encore recouvrir une idée de fable, de mensonge… et « la Légende de nos pères », c’est tout cela à la fois !
j’ai aimé ce livre en ton mineur. Je l’ai aimé, justement parce qu’il est écrit en mode mineur. On est loin des trompettes de la renommée, loin de ces lumières éclatantes et tonitruantes qui crient des hauts faits d’armes, loin des héros modèles, loin de ces marches triomphantes vers le droit aux honneurs.
On est dans une mélodie en mode mineur, chargée de silence, d'entre-dits, de mélancolie, d’incertitudes, de doutes, d’interrogations et d’attentes. Les mots choisis, toujours simples, accessibles, à portée de chacun sont aux couleurs pastelles du souvenir, ou de ce qu’on prend pour tel. Les phrases, simples, courtes, accrochent sans heurt tant l’état d’âme que la raison. Et je me prends à aimer ce biographe familial à qui Lupuline a commandé le récit des actes de bravoures de son vieux père Beuzaboc. Je me prends à aimer Lupuline, elle-même, dont je ne sais si c’est la petite fille qui me séduit par sa naïveté ou si c’est la fragilité de la femme adulte qu’elle est devenue. Et plus j’entre dans la peau de ce biographe, lui-même fils de résistant mais en déficit de souvenirs partagés avec son héros, plus j'aime ce Beuzaloc qui me déplaît!
La légende de nos pères, un livre qui aborde la vérité et le mensonge, la résistance et ses dégâts, la relation père-fils ou fille et le retour sur soi-même pour analyser les moteurs internes qui nous font faire ou non les choses, qui nous poussent à vivre, debout ou assis ! À lire !

mercredi 5 novembre 2014

Le Royaume (Emmanuel CARRERE, Ed.: P.O.L. , 2014)


L’entame de « Le Royaume » (Emmanuel CARRERE ; Ed. : P.OL. 2014) peut être qualifiée de préface, longue de 150 pages. Mais, peut-être, est-il plus correct de remplacer le mot préface par l’expression pré-texte ! En effet, dans cette première partie, qu’il appelle ‘La crise’, E. Carrère pose un des personnages centraux du livre, lui, à la fois sujet et objet de son écriture. Un « retour vers le passé » qui ne l’est pas tout à fait. Car pour qu’un retour vers le passé puisse être, il faut que ce dernier ait d’abord existé. Or, l’auteur peut-il décemment prétendre qu’il a été chrétien … trois ans ? Peut-on attribuer à un état de vie aussi bref le label chrétien ? En fait, c’est cette question – du sens d’être chrétien ? - qui va alimenter l’essentiel de ce livre. Ce n’est ni un roman, ni une biographie, ni un essai, ni une critique historique ou encore une enquête sur l’enquête comme l’auteur se plaît parfois à le dire en interview. Ce n’est rien de tout cela puisque c’est, tour à tour et parfois en pagaille, tout cela ! Peut-être pourrait-on classer ce livre dans le genre Mémoires puisque l’auteur y relate ses expériences de vie, estimant que la confrontation de sa vie à l’Histoire est de nature à clarifier cette dernière.

Présomptueux ? Probablement ! Mais incontestablement documenté, l’ouvrage de E. Carrère tient la route à défaut de toujours tenir en haleine son lecteur.

« D’où tu parles, toi ? » Cette question-culte du temps où la plage se trouvait sous les pavés (mai 1968), Carrère l’a reprend, cherchant qui était Paul, quels ont été ses voyages, ses propos, sa stratégie de communication lorsqu’il était prosélyte, chrétien avant même que cette appellation ne soit née. Dans un même mécanisme, inverse toutefois, comme Sault devenu Paul, qui justifiait sa force à défendre la naissance du christianisme après l’avoir persécuté de toutes ses forces, l’auteur se présente comme un chrétien du dedans enfin sorti et partant, il justifie son combat pour remonter, et surtout démonter, l’histoire (avec un petit h?, un grand H ?) de la croyance qui s’est développée autour du personnage Ieschoua - Kristos – Mon Seigneur. Avec toutes les informations nécessaires – et parfois très judicieuses- destinées à faire avaler son histoire, le but poursuivi est clair, dénoncer cette croyance comme déraisonnable et fantasque.
E. Carrère écrit et conte ce Paul avec une écriture si simple (semble-t-il !), si fluide, si proche du lecteur (le prenant souvent à partie en l’interrogeant sur les réflexions qu’il se soumet à lui-même), que le risque est grand de prendre pour argent comptant tout ce qu’il dit ! Celui qui n’a que peu de culture en histoire des religions suivra, en confiance, les affirmations de l’auteur souvent étayées par des sources paraissant crédibles. Celui qui a un peu plus de bagages dans ce domaine, remarquera que si chaque information tient la route, il y manque souvent l’articulation que pourraient donner un peu plus d’exégèse, une critique historique des sources et la confrontation de celles-ci d’où peut jaillir la confirmation ou l’infirmation des hypothèses de travail. Le côté « saute-puces » de l’auteur, mêlant sa vie à ses recherches, pointant une idée et l’abandonnant avant de conclure, ne conforte pas le sérieux d’enquête dont il se prévaut à maintes reprises. N’empêche, c’est vraiment intéressant de pouvoir ressentir combien le « message » délivré à l’origine du mouvement chrétien est marqué par les vicissitudes de la gent humaine et, tout en même temps, relève d’un extraordinaire schisme avec la pensée de l’époque !

Et Carrère de se lancer dans l’enquête (troisième partie)… en quête de quoi ? On ne sait pas trop ! Il y a cet essai de comprendre qui est vraiment Luc, un fidèle disciple de Paul parti annoncer la Nouvelle aux non juifs ou un agent double travaillant en surface pour Paul et en sous-main pour ses ennemis que seraient les Marc, Jacques, Pierre et Philippe, témoins directs ayant vécu avec Jésus et siégeant tous au « Conseil d’Administration de la multinationale qui ne porte pas encore le nom d’Église mais qui a bien le statut de maison-mère, sise à Jérusalem. La question est posée. Une fois de plus, hyper documentée, cette partie met en perspective l’Histoire et ses jeux de pouvoir, de séductions qui pervertissent ce que Jésus, à l’origine, a vraiment dit et fait.

Sous la dénomination « Luc », E. Carrère se lance dans un survol des évangiles, parfois stationnaire pour avoir le temps de prendre quelques bons clichés permettant de poser quelques bonnes questions sur la composition de cette Nouvelle qu’il est parfois nécessaire de mettre au pluriel La recherche du sens de ce qui est dit ou rapporté ; de ce qui est fait en acte et par qui ; des intentions, avouées ou non, des auteurs-compilateurs se révèle être une opportunité ouverte, documentée et sans réponse définitive. Dans le cadre de cette double question centrale de savoir ce que pourrait être une Résurrection et ce Royaume, E. Carrère se plait à ajouter, comme possible explication à la Parole, une théorie du grand complot qui renverse les alliances, Jésus étant avant tout l’ami des pharisiens, une excursion dans les fantasmes sexuels de l’auteur pour lui permettre de diagnostiquer le vrai du faux dans les récits et personnages de l’évangile et, toujours, ce saupoudrage de comparaisons avec l’histoire du peuple russe, la méditation Bouddhiste et l’imposture qui consisterait à se présenter comme historien et d’inventer sans le dire… Bref, un peu trop de tout, obstacle à l’essentiel ?
C’est vrai, on ne peut reprocher à Carrère de taire ses inventions, la fiction qu’il écrit pour boucher les trous historiques dans ses recherches et l’envie de faire coller l’histoire à sa vision des choses. Mais tout cela rend son livre si dense, si lourd de références entrevues et si léger d’analyses qu’il est certain que le lecteur ne peut facilement se situer face aux propos de l’auteur et à sa propre vie, ses croyances et ses doutes.

Arrivé au terme de la lecture de ces quelques 620 pages, le lecteur restera sur sa faim… Sauf s’il considère que le mérite du livre de Carrère est avant tout, et ce n’est pas négligeable, loin s’en faut, de pousser le lecteur à quitter le questionnement de l’auteur pour le renvoyer à lui-même, un peu plus armé de références, de pistes à poursuivre et de portes à ouvrir pour aborder ces questions qu'il peut faire siennes aujourd'hui.

mardi 4 novembre 2014

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier (Patrick MODIANO, Ed;: Gallimard, 2014)

Curieuse écriture que celle de Patrick MODIANO. Étrange et belle ! Dans son roman « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » (Ed . : Gallimard, 2014), l’auteur pose ses phrases sur le livre comme un peintre poserait ses points de couleurs sur sa toile. Tout en nostalgies juxtaposées, en mélancolies teintées d’inquiétudes, en recherches confuses d’une pensée qui existe déjà mais doit encore naître au jour, celui du jour d’aujourd’hui.
Jean Daragne, le personnage principal de ce roman va rencontrer des personnes qu’il connaît à peine, ou même pas du tout. Et, un peu à cause d’elles mais surtout bien au-delà de celles-ci, il va voyager à la poursuite d’un passé que le temps a enfouis dans l’oubli sans jamais tout à fait l’estomper.
Et si le lecteur devine que l’image finale existe, il ne peut de suite la saisir. Un peu comme lors de la réalisation d’un puzzle dont on n’aurait pas mémorisé au préalable l’image-modèle à laquelle il faut aboutir. Chaque phrase, chaque idée, chaque tranche de vie du récit prend peu à peu son sens en trouvant sa place à côté d’autres phrases, d’autres idées, d’autres tranches du roman. C’est là la puissance d’écriture de Patrick MODIANO. Il n’y a pas d’action dans ce récit, juste le lent et fascinant effet d'un bain révélateur qui peu à peu fait apparaître l'image qui a été "mise en boîte" mais n'est pas encore visible.
Ce n’est qu’au terme du roman que le lecteur capte enfin la puissance d’évocation de cette image recomposée par Jean Daragne, le héros, celle d’un enfant qui, devenu adulte, se retrouve et se comprend. Vraiment, un bon moment de lecture !

lundi 3 novembre 2014

Je dépose mon panier de lectures aux bords de vos chemins





Belge, et fier de l'être, j'essaye d'être à la fois de mon village, de ma région et citoyen du monde; aujourd'hui, tenant compte du passé et pour demain! 
C'est dire s'il m'arrive d'être déchiré, en tension avec moi-même et mes idéaux.

Ce n'est jamais aisé de tenir une position d'équilibre. 
Il faut accepter l'attirance des contraires, sans jamais y tomber. 



Accepter l'idée que le curseur mental qui gère ma façon d'être ne peut se permettre l'immobilisme. 
Avec doigté, toujours en veille, il se doit d'être prêt à corriger, en vérité, la posture prise pour que mes pensées, mes paroles, mes écrits et mes actes soient cohérents avec moi-même et la valeur de primauté du bien collectif sur la recherche de confort individuel.

Lire me fait grandir et m'aide à cheminer vers cet équilibre fragile mais si beau. J'aime lire pour l'histoire, cela détend. J'aime lire pour les personnages, les valeurs qui les habitent et pour me situer par rapport à celles-ci. J'aime aussi lire pour la beauté de la langue, le sens de la formule chez un auteur qui magnifie l'expression d'une pensée. 

Et comme j'aime aussi écrire, que j'aime partager, je viens déposer mon panier de lectures sur le bord de vos chemins. Libre à vous d'y fureter, de vous en nourrir si vous y trouver substances à votre goût et de me partager, en retour, vos ressentis et vos idées à propos de mes lectures.

Au plaisir donc de publier ici à propos de mes lectures et, si vous le voulez, de nous rencontrer aux hasards des idées partagées. 

Fcplume